L’immigration de l’Ancienne à la Nouvelle-France

Par
Institut Drouin
Publié le
14/02/2018
L’immigration de l’Ancienne à la Nouvelle-France
À retenir
  1. À peine 15 000 Français ont fait voile vers le Canada au 17e siècle, et les deux tiers n’y ont fait qu’un séjour temporaire.
  2. Les îles britanniques auraient envoyé près de 380 000 immigrants au Nouveau Monde durant la même période.
  3. Le Canada avait mauvaise réputation, et Colbert refusa de dépeupler le royaume pour peupler la colonie.
  4. De 1663 à 1673, le Roi a fait venir plus de 700 Filles du roi, présentes dans les ascendances de tous les Canadiens-français de souche.
  5. La souche canadienne-française vient de moins de 10 000 immigrants, dont environ 4 500 hommes ayant eu au moins un fils marié.

La France n’est pas reconnue pour avoir fourni, sous l’Ancien Régime, un grand nombre d’émigrants à ses colonies d’outre-Atlantique.

Ainsi, à peine 15 000 Français et Françaises ont fait voile en direction du Canada au 17e siècle, et les deux tiers d’entre eux n’ont fait qu’un séjour temporaire dans la colonie avant de retourner définitivement en France ou de mourir au Canada à l’état de célibataire. C’est très peu: avec une population dépassant à peine le tiers de celle de la France, les îles britanniques auraient envoyé au Nouveau Monde près de 380 000 immigrants durant la même période.

Peinture d’officiers et soldats français en tricorne discutant avec des guerriers autochtones au bord d’un lac

Pourtant, la France présentait à cette époque divers symptômes de maladie sociale qui auraient justifié un plus grand nombre de réfugiés au Canada, où l’abondance des ressources contrastait avec la famine et le chômage de ses couches les plus pauvres. Sans être vraiment surpeuplée, la France manifestait des conditions favorables à l’émigration qui, eussent-elles coïncidé avec une réelle attraction du Canada, auraient pu favoriser le départ de forts contingents de colons vers le Nouveau Monde.

Mais les Français migraient peu et le Canada, pays lointain, sauvage et dangereux, avait auprès d’eux une bien mauvaise réputation. Par surcroît, les autorités croyaient que la population française ne se développait pas autant qu’elle aurait pu et même qu’elle diminuait, suite aux guerres, à la peste et à la misère.

À l’intendant Talon qui lui demandait de prendre les moyens pour former au Canada « un grand & puissant Estat », ce qui impliquait l’envoi massif d’immigrants, Colbert répondit, dans une phrase qui allait marquer l’avenir du pays: « Il ne serait pas de la prudence [du Roy] de dépeupler son Royaume comme il faudroit faire pour peupler le Canada… ».

Pourtant, même en décuplant les départs, les effets de l’émigration sur le pays le plus peuplé d’Europe seraient demeurés imperceptibles et le destin de l’Amérique du Nord en aurait probablement été changé. Malgré tout, en réaction à la faible croissance de la population, un effort a été consenti par le Roi de 1663 à 1673 pour faire venir des femmes au Canada. Il s’agit des «Filles du roi», plus de 700 femmes qui se retrouvent immanquablement dans les ascendances de tous les Canadiens-français de souche.

Quoiqu’il en soit, il résulte de ce faible peuplement fondateur que la souche canadienne-française est issue d’un relativement petit nombre de personnes, soit moins de 10 000 immigrants. Si on s’en tient aux immigrants masculins, desquels on aura reçu le nom de famille transmis au fil des générations, ce nombre est réduit à 4 500 environ, soit l’effectif des immigrants qui ont eu au moins un fils qui se soit marié.

Ces chiffres sont tirés de la base de données du PRDH, qui contient tous les individus catholiques ayant vécu au Québec entre 1621 et 1849. Vous trouverez plus d’information sur le PRDH dans cet article.

Dans notre prochain article, nous examinerons l’influence que ce petit nombre d’immigrants a encore aujourd’hui sur la diversité des noms canadiens français au Québec.

Questions fréquentes

À peine 15 000 Français et Françaises ont fait voile vers le Canada au 17e siècle, et les deux tiers n’ont fait qu’un séjour temporaire avant de retourner en France ou de mourir célibataires au Canada. Les îles britanniques auraient envoyé près de 380 000 immigrants au Nouveau Monde durant la même période.

Les Français migraient peu, et le Canada, pays lointain, sauvage et dangereux, avait mauvaise réputation. Les autorités croyaient aussi que la population française diminuait à cause des guerres, de la peste et de la misère, et Colbert refusa de dépeupler le royaume pour peupler le Canada.

La souche canadienne-française est issue de moins de 10 000 immigrants. Si l’on s’en tient aux hommes, qui ont transmis le nom de famille, ce nombre se réduit à environ 4 500, soit les immigrants ayant eu au moins un fils marié. Ces chiffres sont tirés de la base de données du PRDH.

En réaction à la faible croissance de la population de la colonie, le Roi a fait venir des femmes au Canada de 1663 à 1673. Ces « Filles du roi », plus de 700 femmes, se retrouvent immanquablement dans les ascendances de tous les Canadiens-français de souche.

Partager
À propos

Institut Drouin

Fondé en 1899 par Joseph Drouin, l’Institut généalogique Drouin conserve et numérise les archives généalogiques du Québec. Son équipe publie ici les nouveautés de Généalogie Québec et des guides pratiques.

Spécialité
Équipe éditoriale
Sur le blogue depuis
2016